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Fiche de résumé-synthèse :
Malaise dans la civilisation (1929)

 

Extrait :

Freud se dit frappé de la fréquence et de l’importance de la plainte adressée par les hommes à leur propre civilisation. Ils la rendent fréquemment et lourdement responsable du malheur dans lequel ils se trouvent. Il est surpris de ce que le retour à l’état primitif est prôné par les uns ou les autres comme la voie d’accès au bonheur, et ce depuis que les voyages ont mis en contact notre civilisation avec des peuples sauvages auxquels nous prêtons une vie simple et heureuse, pauvre en besoins, en accord avec une nature prodigue.
Au contraire de ce tableau d’utopie rousseauiste, il semble à Freud que c’est la civilisation qui a apporté à l’homme la plupart de ses moyens de protection contre la souffrance : les progrès extraordinaire des sciences et techniques, la médecine, les moyens de communications, etc. Il s’agit donc d’abord des moyens de domestication de la nature, qui mettent à distance une des trois causes de souffrance de l’homme, et par ailleurs d’une diminution des possibilités de souffrances du fait de notre propre corps.
La maîtrise des techniques actuelles rapproche l’homme de son idéal de toute-puissance et d’omniscience, qui étaient précédemment incarnés par les dieux (« il leur attribuait tout ce qui lui demeurait inaccessible, ou lui était interdit », p.39). C’est ainsi que les progrès scientifiques ont fait de l’homme un « dieu prothétique » : les techniques sont des prothèses avec lesquelles l’homme se donne l’illusion de la toute-puissance et de l’omniscience, mais elles « n’ont pas poussé avec lui et lui donnent souvent bien du mal » (p.39).
Mais l’homme exige davantage de la civilisation que la puissance matérielle, physique et scientifique.

Nombre de pages : 14

Prix : 1,96 €


© Bertrand Duccini, 2010 - contact@bibliopsy.org