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Fiche de résumé-synthèse :
Pour introduire le narcissisme (1914)

 

Extrait :

Le terme de « narcissisme » a été inventé par P. Näcke en 1899 pour décrire le comportement qui consiste à traiter son propre corps comme celui d’un objet sexuel. C’est l’étude des malades atteints de paraphrénie (c’est-à-dire à la fois les schizophrènes et les personnes atteintes de démence précoce) qui conduit Freud à émettre l’hypothèse de l’existence d’un narcissisme primaire normal. Le délire des grandeurs des paraphrènes témoigne du fait qu’ils retirent leur libido des objets pour la réinvestir sur eux-mêmes, sur leur moi propre. Ce narcissisme pathologique peut donc être considéré comme un narcissisme secondaire, « construit sur la base d’un narcissisme primaire que de multiples influences ont obscurci » (p.83).
Une fois de plus, Freud défend l’idée d’une déduction du normal à partir du pathologique, et pense que l’étude des paraphrénies sera aussi éclairante pour la découverte de la psychologie du moi que celle des névroses l’a été pour la mise à jour des mécanismes névrotiques.
L’idée d’un narcissisme primaire consiste à penser que la libido est originairement investie dans le moi, et que seulement « plus tard une partie en est cédée aux objets, mais fondamentalement, l’investissement du moi persiste ». Dans le premier stade du développement, il n’existe qu’une seule énergie psychique, qui sera ensuite scindée en deux : l’énergie sexuelle (libido) et l’énergie des pulsions du moi. Face aux difficultés théoriques de la distinction des différentes sortes d’énergies psychiques (libido du moi, libido d’objet, pulsions d’auto-conservation et libido, etc.), Freud souligne qu’il faut admettre que le moi lui aussi subit une évolution. Il n’est pas formé dès le début, aussi l’énergie psychique elle-même subit-elle les conséquences de cette évolution. On remarquera en effet que la théorie des pulsions demeurera jusqu’au bout dans l’œuvre de Freud sujette à de nombreuses évolutions, aménagements, et modifications, jusqu’à l’idée tardive dans son œuvre de l’opposition entre pulsions de vies et pulsions de mort (eros contre thanatos), pour même aboutir à l’idée d’une pulsion homéostatique ultime, plus ou moins assimilable à l’idée de la pulsion de mort. Dans ce long cheminement, à la fois dans l’esprit de Freud et dans toute la psychanalyse, l’introduction au narcissisme de 1914 demeure un texte central, une référence psychanalytique. Nous tentons d’en faire ici une synthèse fidèle, sans oublier toutefois de garder présent à l’esprit qu’il s’inscrit dans un cheminement de pensée.

Nombre de pages : 5

Prix : 1,96 €


© Bertrand Duccini, 2010 - contact@bibliopsy.org